Histoire

Publié le par Micka

Les origines
Article détaillé : Moulin à café Peugeot.
 
Exposition au musée Peugeot de moulins à café Peugeot
 

L'entreprise familiale Peugeot entre dans l'ère industrielle au début du XIXe siècle sous l'impulsion de l'empereur Napoléon Ier qui avait besoin de vêtir les soldats de sa Grande Armée. Ces meuniers d'origine deviennent alors des transformateurs de coton à Audincourt dans le Pays de Montbéliard en Franche-Comté. En 1810, Jean-Frédéric et Jean-Pierre II Peugeot se lancent dans la sidérurgie et transforment le moulin du lieu-dit du Sous-Cratet en fonderie d'acier. Ils s'associent avec Jacques Maillard-Salins et fondent la société « Peugeot-Frères et Jacques Maillard-Salins ».

  

L'usine, qui fournit dans un premier temps les horlogeries en ressorts d'acier, laisse place par la suite à une fabrication de lames de scies. En 1840, un moulin à café Peugeot voit le jour, le premier d'une longue série. En 1842, l'entreprise s'associe à quatre Anglais originaires de Lancaster installés dans la région de Saint-Étienne, les frères Jackson, et à partir de 1846, produisent sous la raison sociale « Peugeot aînés et Jackson frères » des scies à ruban, des outils, des buscs et des baleines de parapluies.

  

En 1851, après la révolution de 1848 qui provoqua une grave crise économique, la firme prend le nom de « Peugeot Frères » et fabrique des montures d'acier pour les crinolines, accessoires de mode lancée par l'impératrice Eugénie. Par la suite, Eugène et Armand Peugeot, les fils de Jules et Emile Peugeot, vont progressivement prendre la tête de l'entreprise dont « les affaires marchent fort bien en cette époque prospère du Second Empire ».

Débuts en automobile
Article détaillé : Famille Peugeot.
 
Une Peugeot Type 3 à moteur Daimler de 1891.
 

En 1886, Armand Peugeot se lance dans la production de bicyclettes avant de découvrir l'automobile, en 1891, au volant d'une Panhard & Levassor. Visionnaire, Armand Peugeot est décidé à produire des automobiles et comprend rapidement que « seul le moteur à pétrole permet de construire une voiture légère et fiable ». En janvier 1891, Peugeot produit et commercialise l'une des premières automobiles « sans chevaux », M. Vurpillod devenant ainsi la même année le premier acquéreur d'une automobile Peugeot sous licence Panhard & Levassor.

Les premières automobiles Peugeot, les Peugeot Type 2 et Type 3, sont construites à partir de 1891. Développant une puissance de 8 ch, elles atteignent une vitesse maximale de 25 km/h. Le moteur à essence est construit à partir d'une licence Daimler, abandonné ensuite au profit d'un moteur Peugeot. À cette époque, l'entreprise fabrique également de l'électroménager et de l'outillage électrique.

 

Contrairement à Armand, Eugène Peugeot est particulièrement hostile à l'automobile si bien que les deux cousins s'affrontent et finissent par se séparer. Armand Peugeot fonde alors la « Société des Automobiles Peugeot » dans le nord de la France : en 1896 les statuts de la "Société des Automobiles Peugeot" sont déposés au registre du commerce et des sociétés de la ville de Lille, en 1897 l'usine Automobile de Lille-Fives est créée (cette usine sera un outil industriel important du groupe, notamment pour la fabrication des moteurs essence puis diesel jusque sa fermeture dans le début des années 80). Une autre usine est également créée en 1897 : Audincourt (dans le Doubs). Peugeot Frères devient « Les Fils de Peugeot Frères » dirigée par Eugène Peugeot dont les activités excluent la production d'automobiles. Cependant, en 1905, les enfants d'Eugène Peugeot qui ont repris la tête de l'entreprise après sa mort, sont autorisés par Armand Peugeot à produire des automobiles (sous le nom Lion-Peugeot) moyennant des compensations financières. Ces dernières étant excessives, les deux entités fusionnent finalement en 1910 pour devenir la « Société anonyme des automobiles et cycles Peugeot ». En 1912, l'usine de Sochaux Montbeliard est inaugurée.

 

Lorsque Peugeot essaiera de s'implanter sur le territoire américain, dans les années 1960, il axera sa publicité sur le fait que le plus ancien véhicule en état de marche dans ce pays est une Peugeot : c'est le modèle 1898. Il fera la pleine page avec le slogan « Call me Indestructible ». La 404 n'y apparaît qu'en vignette de bas de page.

Peugeot au XXe siècle
Article détaillé : Peugeot pendant la Seconde Guerre mondiale.
 
La Peugeot 201 permit de surmonter la crise des années 1930.
 

De la fusion des deux entités nait une entreprise particulièrement imposante dans l'industrie automobile, profitant de quatre usines situées à Audincourt, Lille, Beaulieu et Valentigney. Par ailleurs, avant la Première Guerre mondiale, Peugeot construit près de 10 000 automobiles, soit la moitié de la production française. De premières difficultés surviennent pourtant durant la guerre ; Peugeot étant endettée, l'entreprise de cycle Peugeot, filière la plus rentable, se sépare juridiquement de l'automobile.

 

Malgré tout, Peugeot traverse les années 1930 — année marquée par le krach de 1929 — sans encombres, le succès de la Peugeot 201 lui permettant de surmonter les effets de la crise et d'acquérir une image de constructeur automobile important. La 201 sera produite jusqu'en 1937. Ayant dépassé Renault en 1937, Peugeot devient en 1939 le deuxième constructeur français, avec 25% de parts de marché en France.

 

Comme la plupart des industriels, les années qui suivent sont mise au profit de l'effort de guerre. Durant l'occupation allemande, Peugeot fournit à l'armée allemande d'abord des ambulances et des camions, puis à partir de 1941 des patins de chars et moteurs d'avions pour Adler Werke AG et BMW, et se voit en 1943 imposer la fabrication d'un élément du V1 ; ainsi, 90% de sa production était destinée à l'Allemagne. Durant cette période naîtront tout de même les Peugeot 202, 302 et 402, automobiles marquées par l'avènement des considérations aérodynamiques et d'un nouveau courant stylistique : le Streamline Modern.

 

Les lendemains difficiles de la Seconde Guerre mondiale obligeront Peugeot à entamer une politique « monomodèle ». Le modèle unique (d'abord avec la 203) sera présent dans la gamme Peugeot jusqu'en 1965, année marquée par le lancement de la première traction avant de la marque, la 204. Cette même année, le holding Peugeot SA regroupe en une seule entité l'ensemble des activités Peugeot. Un an plus tard, un accord de coopération est signé avec Renault.

Les années PSA Peugeot Citroën
Article détaillé : PSA Peugeot Citroën.
 
Vendue à plus de 3,7 millions d'exemplaires, la Peugeot 504 est un grand succès.
 

Implantée dans de nombreux sites industriels en France et dans le monde, la marque est fermement associée à la ville de Sochaux où se trouve son plus gros site industriel qui regroupe des activités de recherche et développement et de fabrication d'automobile en série. L'usine de Sochaux est restée, jusque dans les années 1960, la seule unité terminale de production automobile de la marque, avant la construction du site de Sausheim en Alsace, puis en 1978, l'acquisition de l'outil industriel de Chrysler en Europe.

 

Au début des années 1970, Peugeot est ainsi le deuxième constructeur automobile français (derrière Renault) avec plus de 500 000 voitures produites. En 1976, Peugeot SA et Citroën SA fusionne pour former le groupe PSA Peugeot Citroën.

L'entreprise aujourd'hui
La 206 a été la voiture la plus vendue en France en 2001, 2004 et 2006 (mais très loin derrière la 2 CV en son temps). Contrairement à une certaine mythologie, elle n'a absolument jamais été la voiture la plus vendue au monde.
 
  Un concessionnaire Peugeot.

Le 20 juin 2008, la 50 millionième Peugeot est sortie des chaines de montage de Sochaux. Il s'agit d'une 308 SW dont la carrosserie fut décorée de photographies des salariés du site avec leur Peugeot dans les moments importants de leur vie. Après les cérémonies d'usage, la voiture a directement rejoint le musée de l'aventure Peugeot pour inaugurer les festivités du 20e anniversaire de l'ouverture du musée.

Après une forte croissance au tournant du millénaire, la marque Peugeot marque le pas après 2004, alors que Citroën continue sa progression. Le style trop musclé des dernières créations de Gérard Welter est critiqué. Après le passage éclair de Jérôme Gallix, Gilles Vidal prend la direction du style Peugeot en 2010, sous la direction de Jean-Pierre Ploué qui a relancé le style de Citroën et dirige maintenant celui du groupe.

Le lion, logo de Peugeot

Le « lion », symbole de l'entreprise, est utilisé depuis 1847 mais ne fut déposé en tant que logo qu'en 1858. Il symbolisait à l'origine les trois qualités des lames de scies Peugeot : « vitesse de coupe, dureté des dents et souplesse de la lame ». Cette renommée sidérurgique de qualité perdurera au fil des années. Une publicité de Peugeot dans le magazine Scientific American mentionnait d'ailleurs dans les années 1960 que le véhicule automobile le plus ancien en état de marche aux États-Unis était une Peugeot de 1898.

 

Il faudra attendre 1948 et la Peugeot 203 pour voir disparaître la flèche sous-jacente. Le lion héraldique fait son apparition sur la 203. Il se redresse sur ses pattes arrière pour adopter la posture familière du lion héraldique des armes de Franche-Comté, berceau de l'entreprise. Il subira huit modifications successives, jusqu'à la version actuelle datant de 2010.

Initiatives sociales Peugeot

  • 1876 : Créées cette année là, les retraites Peugeot étaient en 1910 supérieures à celle de l'État (330 FFR par an).
  • 1871 : à Valentigney et Terre-Blanche, Peugeot a établi la journée de 10 heures, 33 ans avant que la loi de 10 heures soit votée par le Parlement.
  • 1912 : Logements ouvriers avec loyers modestes dès la fondation des usines de Sochaux, pour un effectif de 400 personnes, 70 logements.
  • 1917 : Création des allocations familiales qui en 1932 étaient supérieures à celles fixées par l'État.
  • 1920 : La semaine de 48 heures fut appliquée en septembre.
  • 1936 : La semaine de 40 heures fut appliquée le 6 décembre.
  • 1937 : 870 logements ; hôtels de célibataires avec 2 200 lits ; le Cercle-Hôtel.

On compte de nombreuses initiatives associatives : arbre de Noël (1918), service médico-social (1926), club de football avec 10 sections et construction du stade des Forges (1928), société de jardinage (1929), scoutisme (1929), société de pêche (1930), orchestre d'harmonie (1930), colonies de vacances (1933), piscine (1935), et Orphéon (1935)

 

Peugeot a également œuvré pour l'apprentissage avec la création de l'École d'apprentissage de Beaulieu (1919) (ville intégrée aujourd'hui à la ville de Mandeure), l'École d'apprentissage de Sochaux (1930), le cours de contremaîtres (1932), l'école de techniciens de garage (1936), et l'école de perfectionnement (1937).

Publié dans Peugeot

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